Ce titre me déplaît car il n'est pas juste de dire qu'on apprend à s'aimer. S'aimer veut dire qu'on a de l'estime pour soi et qu'on se veut du bien. L'estime de soi, comme celle qu'on porte aux autres, repose sur une évaluation. Je m'estime dans la mesure où, de façon générale, j'agis d'une manière estimable à mes yeux. Cela veut dire être à la hauteur de mes standards.
Il est donc plus juste de dire qu'on arrive à s'aimer en gagnant sa propre estime. L'estime de soi porte à se vouloir du bien. Il en est de même pour les personnes qu'on estime: on adopte naturellement une attitude bienveillante à leur égard .
Pour apprendre à s'aimer ou pour se donner cet amour de soi, certains auteurs recommandent de se faire plaisir. Ils prétendent qu'à force de "bien se traiter" on arrivera à s'aimer. Dîners solitaires à la chandelle, bains mousseux, bouquets de fleurs sont des recommandations classiques (au fait, existe-t-il des suggestions pour les hommes?). Elles devraient permettre d'arriver à être quelqu'un d'important à ses propres yeux.
Je ne pense pas que c'est ainsi qu'on devient important pour soi. En fait, il est quasi impossible d'appliquer de telles recommandations quand on ne s'aime pas.
Tout comme on n'est pas porté à passer du temps avec une personne qu'on n'aime pas, on ne trouve pas particulièrement agréable de passer du temps avec soi-même si on est une personne qui ne s'aime pas. Les personnes qui se forcent ainsi à se comporter avec elles-mêmes comme si elles étaient importantes jugent généralement l'expérience artificielle. Dans ce cas, il est normal que les résultats escomptés ne se manifestent pas. Au contraire cette tentative ne réussit souvent qu'à mettre en relief le fait qu'on est mal dans sa peau et mal avec soi-même.
Que reste-t-il alors? Comment puis-je prendre de l'importance pour moi-même et comment puis-je arriver, un jour à m'aimer? Commençons par la question d'importance.
Il n'est pas nécessaire de m'aimer pour porter attention à ce que je ressens, il s'agit de le décider et de me discipliner à le faire. Pour le décider, toutefois, puisque je pressens que ce ne sera pas toujours la fête, il me faut de bonnes raisons. Voici les plus importantes.